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Alimentation en phase critique

QU'EST-CE QUE L'ALIMENTATION EN PHASE CRITIQUE ?

Les maladies, accidents, stress de l’hospitalisation … peuvent entraîner un état de dénutrition chez nos chiens et nos chats.

Chez l’animal sain, mis à jeun, les adaptations du métabolisme permettent une économie protéique visant à augmenter la tolérance au jeûne. Les tissus privilégient l’utilisation des corps cétoniques, obtenus via la lipolyse.

Chez le chien et le chat malades ou traumatisés, on assiste à un « hypercatabolisme » dont l’intensité est proportionnelle à la gravité de la pathologie. A court terme, cette réaction métabolique permet de fournir suffisamment de glucose pour préserver l’intégrité du système nerveux central, stimuler la cicatrisation et le système immunitaire. Cependant, si cela perdure, un grave état de dénutrition peut se développer très rapidement.

 La dénutrition est un état engendré par un déficit, dans des proportions variables, en protéines et/ou en énergie résultant d’une sous alimentation, d’une alimentation déséquilibrée ou d’une malassimilation. Il est aujourd’hui admis que la dénutrition peut être à l’origine d’une augmentation de la morbidité( augmentation des infections secondaires …), de la durée de l’hospitalisation et de la convalescence ainsi que de la mortalité. Chez l’animal malade, l’anorexie est la première cause de sous-alimentation et de perte de poids. Cette altération est physiologique chez l’animal vieillissant mais peut être augmentée par la maladie ou les traitements en cours. Lutter contre la dénutrition du chien ou du chat malade est donc indispensable. L’objectif n’est pas de leur faire prendre du poids mais de limiter les pertes de masse maigre.

Pour alimenter un chien ou en chat en phase critique, il existe deux stratégies : L’alimentation entérale, qui implique l’utilisation d’une portion du tube digestif et l’alimentation parentérale, qui utilise une autre voie que la voie digestive, le plus souvent veineuse, centrale ou périphérique.

BESOINS NUTRITIONNELS DE L'ANIMAL EN PHASE CRITIQUE

Les périodes de jeûne excédant 3 à 5 jours induisent un état de privation. Chez les carnivores, et en particulier chez le chat qui est un carnivore strict, les ressources énergétiques sont rapidement épuisées ce qui conduit à la mobilisation des protéines et des acides aminés musculaires. En quelques jours, l’adaptation métabolique au jeûne pousse dans un premier temps l’organisme à utiliser préférentiellement les réserves adipeuses afin de limiter le catabolisme. Cela peut provoquer de l’anorexie, des nausées et des vomissements (lipidose hépatique du chat).

L’alimentation en phase critique du chien et du chat doit couvrir les besoins énergétiques, lipidiques, minéraux et vitaminiques.

Les aliments d’entretien (aliments industriels dits premium), contiennent environ 45% de glucides, 17% de lipides et 30% de protéines par rapport à la matière sèche.Pour un aliment destiné à un chien ou un chat en phase critique, l’optimum serait de 25% de glucides, 30% de lipides et 40% de protéines par rapport à la matière sèche.

L’utilisation d’une ration ménagère adaptée à ces besoins spécifiques est également envisageable, sa formulation réclamant toutefois une bonne connaissance des matières premières et de leurs apports nutritionnels. Le plus important est que les sources protéiques doivent être d’excellente qualité et que les céréales soient incorporés en quantité limitée de façon à ne pas alourdir la proportion d’hydrates de carbone.

L’alimentation parentérale est une méthode d’alimentation artificielle où le mélange nutritif est directement apporté dans le courant sanguin veineux.Son but est de remplacer la voie orale défectueuse ou inadaptée afin de permettre l’entretien des tissus et les carences résultant de la pathologie en épargnant les acides aminés présents dans l’organisme et en corrigeant les déséquilibres hydroélectrolytiques et vitaminiques.

Nous traiterons dans cette rubrique de l’alimentation entérale (l’alimentation parentérale étant étudiée sur notre site par un sujet séparément ).

ALIMENTATION ENTERALE

Lorsqu’elle est possible, l’alimentation entérale doit être toujours privilégiée car elle présente de très nombreux avantages : plus physiologique, elle expose le chien ou le chat à peu de complications. Elle préserve les fonctions du tube digestif et des organes associés (foie, pancréas, vésicule biliaire) contrairement à une alimentation prolongée par perfusion qui peut conduire à une atrophie de la muqueuse digestive si utilisée seule. L’alimentation entérale assistée doit prendre le relais si la prise de nourriture volontaire est insuffisante pour assurer la couverture des besoins nutritionnels.

Le gavage à la seringue est à utiliser avec une très grande précaution à cause des risques de fausse déglutition aux conséquences désastreuses (bronchopneumonie). Il faut malgré tout préciser que dans certains cas, l’introduction en petites quantités d’un aliment très appétent dans la cavité buccale peut encourager la consommation alimentaire.

Utiliser une sonde s’avère beaucoup plus efficace : L’alimentation par sondage naso-gastrique ou naso-oesophagien est de réalisation aisée et s’avère remarquablement bien tolérée chez les chiens et les chats. Elle représente un acquis technique considérable en matière d’alimentation assistée en médecine vétérinaire.

La nature et la consistance de l’aliment influencent le choix du type de sonde et du site d’administration. Les aliments choisis seront liquides ou solides, à densité énergétique élevée, à forte teneur en protéines, facilement seringuable, le but étant de sélectionner une formulation idéale. Les sources de protéines doivent être hautement digestibles et contenir tous les acides aminés indispensables.L’utilisation de préparations liquides destinées à l’humain est déconseillée, car leur formulation ne permet pas de couvrir les besoins protéiques, particulièrement élevés chez ce carnivore strict qu’est le chat.

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    • Régimes Alimentaires
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