La gingivostomatite ou stomatite est une atteinte touchant la cavité buccale du chat qui peut apparaître brutalement et être très dommageable pour votre chat. Qu’est-ce exactement que la stomatite du chat ? A quoi est-elle due ? Comment peut-on reconnaitre une stomatite chez un chat ? Comment soigner une gingivostomatite féline ? Peut-on la guérir ? Nous vous apportons des réponses.

Qu'est-ce qu’une stomatite ou gingivostomatite chez le chat ?

La stomatite ou gingivostomatite (du grec ancien στόμα, stoma, signifiant la bouche et de gingivo, qui touche à la gencive) est une inflammation qui touche la cavité buccale et le plus souvent les gencives.

Cette inflammation est aussi appelée gingivo-stomatite chronique féline (GSCF), ou stomatite chronique quand elle s’installe, particulièrement au fond de la gorge, stomatite lympho-plasmocytaire ou stomatite granulomateuse (en raison des lésions).

Quelle est la cause d’une gingivostomatite ou stomatite chez le chat ?

L’inflammation de la cavité buccale est souvent une réaction à une cause infectieuse, voire organique ou même métabolique, plus qu’une maladie particulière.

Elle est souvent la conséquence d’une perte de l’équilibre de la flore buccale (bactéries, virus…) entrainant un dysfonctionnement immunitaire notamment au niveau local. De récentes études semblent indiquer que les calicivirus (petits virus à ARN de la famille des Caliciviridae) pourraient être la cause des stomatites caudales (du fond de la bouche) et donc des gingivostomatites chronique féline (GSCF).

Comment savoir si mon chat a une gingivostomatite ou une stomatite ?

Votre chat est en général gêné par l’inflammation : cela crée des difficultés de mastication, étant donné l’existence d’une douleur. Par conséquent, il ne mange plus (anorexie) ou moins bien (dysorexie), notamment les croquettes, et maigrit, semble moins en forme, car il ne fait plus sa toilette.

Ses gencives peuvent saigner, il peut aussi perdre des dents, lorsque la stomatite s’accompagne de destructions tissulaires importantes. Ce sont par exemple des ulcères (atteintes ulcéroprolicératives parodontales et buccales) dont certains sont fréquemment observés au fond de la gorge en cas de stomatite chronique. Il bave (ptyalisme) et a souvent mauvaise haleine (halitose). Ces dégradations peuvent le rendre irritable et des agressions peuvent apparaître.

Comment faire le diagnostic de la stomatite ou de la gingivostomatite féline ?

Le vétérinaire va effectuer un bilan complet de votre chat.

Il doit en effet identifier les facteurs étiologiques (les causes) et les facteurs aggravants (comorbidité) pour mettre en place les soins et traitements adaptés. Des prélèvements sanguins sont réalisés et notamment une biochimie (recherche d’une maladie métabolique comme le diabète ou par exemple l’atteinte d’un organe comme lors d’une insuffisance rénale), une numération de formule sanguine, et éventuellement des tests pour détecter la présence du FIV (Feline Immunodeficiency Virus) ou du FeLV (Feline Leukemia Virus). En effet, il faut vérifier si la gingivostomatite n’est pas une infection secondaire à l’immunodépression provoquée par un de ces rétrovirus.

Le calicivirus doit être recherché avec test PCR à partir d’un prélèvement buccal (écouvillonnage avec une cytobrosse). Une biopsie peut également être effectuée lorsque l’on suspecte la présence d’une tumeur (carcinome épidermoïde). Enfin, l’imagerie permettra de déceler l’existence de lésions dentaires avancées et notamment d’évaluer la progression de la maladie parodontale.

Comment soigner la gingivostomatite ou la stomatite de mon chat ?

Les traitements de la gingivostomatite de votre chat rassemblent différentes approches, et souvent, un détartrage et des extractions dentaires sont nécessaires car c’est généralement la seule façon de diminuer la réaction inflammatoire en supprimant tous les foyers infectieux. Ce sont la plupart du temps des prémolaires et des molaires, plus rarement des incisives ou des canines. Cette chirurgie est associée à des traitements antibiotiques (Spiramycine-Métronidazole, Doxycycline, Clindamycine) durant quinze jours à trois semaines et à l’application d’un soin antiseptique avec un gel dentaire à la chlorhexidine comme le Bucogel. Des médicaments sont également utilisés pour leurs effets antinflammatoires et surtout antidouleurs (analgésiques) comme les AINS et les morphiniques.

Des antiviraux sont essayés lorsque le test PCR est positif, notamment l’interféron oméga félin durant 1 à 3 mois par voie transmuqueuse orale afin de lutter directement in situ contre le calicivirus. D’après plusieurs études, les résultats des antiviraux sont équivalents à ceux des corticoïdes. Ces antiviraux (interféron recombinant félin, ciclosporine) et même les cellules souches permettent d’obtenir une amélioration pour 55 à 70% des chats.

Est-ce que mon chat peut guérir d’une gingivostomatite ou stomatite ? 

La réponse est oui. 60% des chats peuvent guérir d’une stomatite au bout de 3 mois. 80% d’entre eux sont améliorés de façon importante. Malheureusement l’état de 20% d’entre eux ne montrent aucune amélioration.

Comment prévenir une gingivostomatite ou stomatite chez le chat ?

L’important est une bonne hygiène dentaire, et notamment la pratique de détartrage dès que c’est nécessaire, que l’on peut espacer en utilisant des produits de soins dentaires pour chat et par exemple :

Certains aliments contribuent également à ce bon état des dents et de gencives et notamment le :

  • Royal canin oral care : c’est un aliment qui permet de réduire la formation du tartre de 59% en moins d’un mois par l’action mécanique de la mastication et qui piège le calcium responsable d’une partie de la formation de la plaque dentaire.
  • Royal canin dental qui diminue également la formation de tartre, même s’il est déjà présent, c’est également un aliment très digestible (moins de flatulences) et qui augmente la dilution urinaire, particulièrement indiqués pour les chats vieillissants.
  • Hill’s TD contient une substance fibreuse (qui permet un effet « nettoyant ») et dont les quantités contrôlées de calcium, de magnésium, de phosphore, et de protéines permettent de réduire la formation de la plaque et donc l’apparition de maladie parodontale ou de gingivite.

C’est l’ensemble de ces principes qui pourra apporter à votre chat la meilleure prévention contre la stomatite ou gingivostomatite féline, et même si un traitement est possible, le mieux reste d’éviter ces réactions de la cavité du buccale lorsque c’est possible en éliminant les facteurs de risque par la médecine préventive…

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