Que faire face à un oiseau blessé ?

Dr Muriel Alnot 31 août 2018 306 0 Laisser un commentaire
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Que faire face à un oiseau blessé ?

Vous avez trouvé un oiseau blessé... Attention, les apparences sont parfois trompeuses !

Assurez-vous que l’animal a réellement besoin de soin. Observez le d’abord de loin et si vous ne voyez pas de boiterie, d’aile cassée (qui traîne), de chute sur le côté, cet oiseau que vous voyez au sol n’est pas forcément blessé…

Si vous pensez que son attitude est anormale, rapprochez-vous doucement. Logiquement, s’il n’est pas trop atteint, il s’envolera ou essayera de s’éloigner dans le cas des jeunes oisillons qui n’ont pas de plumes ou ne volent pas encore. Un oiseau (sauvage) en bon état fuit l’être humain et même nos pigeons des villes ne sont pas si faciles à approcher…

Attention, les rapaces nocturnes (chouette) par exemple ou les passereaux (merles, étourneaux) laissent leur petits explorer au sol et les surveillent non loin de là. Ne les prenez pas. Le cas du Pluvier Kildir (Charadrius vociferus) est très intéressant : cet oiseau feint d’avoir une aile blessée et la traîne sur le sol de façon pitoyable, entraînant le danger ou le prédateur le plus loin possible du nid où se trouve ses petits… C’est un très bon simulateur !

Par conséquent, prenez une photo pour identifier l’espèce et cherchez des renseignements sur ses comportements habituels. Les faucons, aigles ou vautours (rapaces diurnes) par exemple, ne laissent pas leur petit explorer seuls les alentours, si vous trouvez un jeune de ces espèces celui-là est probablement en détresse. Le premier geste est de le remettre dans son nid si vous le trouvez, le fait de porter l’odeur de l’être humain et d’être rejeté par ses parents tient plus de la légende que de la vérité scientifique dans le cas d’un oiseau

L’oiseau qui reste immobile risque de mourir

Un adulte qui ne bouge pas est probablement en danger.

Si les prédateurs ne le tuent pas, la soif et la faim s’en chargeront !

Comment agir si vous trouvez un oiseau blessé ?

Une fois l’espèce identifiée, vous pouvez vous adapter.

Pour l’attraper

Protégez-vous des coups de bec et des griffes des serres des rapaces ou pieds des perruches! Utilisez des gants ou une grosse serviette éponge. Lors de la prise de l’animal, veillez à ne pas lui écraser le thorax en lui maintenant les ailes le long du corps. Mettez-le éventuellement dans l’obscurité, plutôt que sous une lumière forte, surtout un néon dont la fréquence provoque du stress notamment chez les perroquets. Évitez d’être nombreux autour de l’animal, un humain = danger, alors plusieurs !

Pour le transporter

Évitez la cage à barreau pour qu’il ne se blesse pas en y coinçant ses ailes ou ses pattes, préférez un carton dans lequel vous aurez pratiqué des ouvertures. Mettez-le au calme et contactez un vétérinaire aviaire ou le centre de sauvegarde LPO (ligue protectrice des Oiseaux) le plus proche ou encore un Centre de Sauvegarde affilié à l’UFCS (Union Française des Centres de Sauvegarde de la Faune Sauvage).

Pour le faire boire

Utilisez uniquement de l’eau. Pas de lait, pas de jus de fruit. Donnez-lui au niveau du bec avec une petite seringue, ou un morceau de tissus absorbant trempé dans l’eau que vous faites goutter.

Pour le faire manger

Identifiez l’espèce et appelez la LPO. Le plus classique est l’utilisation du jaune d’œuf allongé avec un peu d’eau ou de la viande rouge pour un rapace. Ne donnez pas de pain mais vous pouvez, faute de jaune d’œuf ajouter du sucre dans l’eau pour apporter un peu d’énergie. Gardez le aux alentours de 37°C, si besoin au moyen d’une bouillotte.

Enfin, la plupart des oiseaux sont des espèces protégées.

Vous ne pouvez légalement ni les détenir ni les transporter, alors appelez un centre de soin pour connaître la marche à suivre.

Dans le cas d’un oiseau bagué de type perroquet, notez le numéro de la bague, l’espèce (si possible) et appelez l’ASAP (Association de Sauvegarde et d’Aide aux Perroquets) ou le Centre de Recherches sur la Biologie des Populations d’Oiseaux (CRBPO) : 55, rue Buffon - 75005 PARIS (tél: 01 40 79 39 78 www.mnhn.fr).

Dr Muriel Alnot, vétérinaire et rédactrice

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