Mon chien maigrit, que faire ?

Dr Muriel Alnot 04 avril 2019 1166 0 Laisser un commentaire
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Mon chien maigrit, que faire ?

Chez le chien, comme chez l’homme, l’amaigrissement est beaucoup plus rarement évoqué comme une anomalie que l’obésité, à l’instar de la mode des mannequins maigres chez l’être humain… Or, la maigreur est souvent un vrai symptôme de maladie. Les causes de la perte de poids sont diverses : une ration insuffisante, des parasites qui se nourrissent à la place de votre chien (des vers) ou encore une tumeur qui grossit à ses dépens…comment s’y retrouver sans envisager le pire ?

Qu’est-ce qu’un chien maigre ?

Un chien maigre est un animal qui a perdu plus de 5% de la masse (graisseuse et musculaire) correspondant à son poids « de forme », c’est à dire celui qu’il est supposé avoir étant donné sa race…

Si vous ne savez pas combien votre chien pesait avant de maigrir, ou combien il devrait faire, pas de panique, vous allez pouvoir évaluer sa silhouette corporelle. Pour être normal, il doit être entre deux extrêmes :

  • Si vous passez les mains sur le thorax en appuyant légèrement et que vous ne sentez plus les côtes, votre animal est trop gros, ou encore bien assez gras, même s’il a maigri ! Cela vous laisse donc du temps pour savoir pourquoi il maigrit.
  • Si vous voyez les côtes, et qu’entre chacune d’elles se dessine un creux, votre chien est effectivement trop maigre ! Il va également falloir savoir pourquoi.

Votre vétérinaire dispose d’échelles d’évaluations (établies par des scientifiques) qui donnent des notes d’état corporelles par exemple sur une échelle de 9 : si votre chien est 1/9 il est trop maigre, s’il est 7/9 ou pire 9/9 il est obèse :

Mon chien maigrit, que faire ?

Mon chien maigrit, que faire ?

Les cas bénins ou « quand la maigreur est acceptable… ou explicable » chez un chien

Si vous avez une Levrette d’Italie (morphologie raciale fine), ou un jeune chien très actif (effet de l’âge), la maigreur peut s’expliquer. Dans ce cas, il faut toutefois veiller à fournir de l’alimentsans restriction. Dans le cas d’un jeune animal, finalement, la puberté passée, il finira par prendre du poids. Vérifiez néanmoins que le volume de la ration est adapté à ses besoins.

Il existe d’autres possibilités, comme la compétition alimentaire : lorsque deux chiens vivent ensemble, il faut veiller à ce que le plus costaud, le plus âgé ou tout simplement le plus vorace, ne mange pas la ration de l’autre ou ne l’empêche pas d’y accéder en « gardant la gamelle ». Une solution dans ce cas est de séparer les chiens au moment des repas (les mettre dans deux pièces différentes ou encore un dedans, un dehors)…

Quels sont les cas pathologiques de la maigreur chez le chien ?

La maigreur devient un symptôme dont il faut se soucier lorsque :

  • votre chien en croissance (ou adulte) mange peu ou pas, vomit, régurgite, a la diarrhée, ou enfin quand il existe un état de faiblesse ou d’apathie (fatigue, indifférence, perte d’intérêt) inhabituel, notamment chez un jeune chien ;
  • votre vieux chien mange normalement ou plus que d’habitude et que malgré tout il maigrit ;
  • une maigreur s’installe brutalement

Dans ces différents cas, une visite chez le vétérinaire s’impose. Il vaut mieux agir tôt que de laisser une maladie s’installer et diminuer les chances de survie de votre animal si le cas est grave. Le praticien va évaluer votre chien à distance (postures, état d’éveil ou de « vigilance »…) puis pratiquer un « examen clinique » (palpation, évaluation de la note d’état corporel, auscultation, examen des muqueuses, des ganglions lymphatiques, prise de température, toucher rectal…) voire des examens complémentaires s’il y a lieu, puis vérifier avec vous :

  1. la qualité et le volume de la ration alimentaire
  2. le respect des prises du vermifuge et des antiparasitaires en général
  3. l’aspect et la quantité des selles : pensez à lui fournir ce renseignement en regardant ce que votre animal produit avant d’aller consulter. Prenez une photo le cas échéant.
  4. l’anamnèse : c’est à dire l’historique et les antécédents médicaux (maladies précédentes) de votre chien
Les examens complémentaires (numération de formule, analyse biochimique, échographie ou radiographie) servent à confirmer les hypothèses diagnostiques les plus plausibles.

Les maladies recherchées sont celles qui induisent un dysfonctionnement métabolique : troubles endocriniens, infections, maladies inflammatoires, syndrome de malabsorption, cancers, maladie rénale…et bien sûr les infestations par des parasites tels que les vers ronds (Ascaris…) ou plats (Ténias…) qui détournent à leur profit les repas de votre chien !

Comment peut-on gérer un amaigrissement bénin chez le chien ?

  • Vérifiez toujours en premier le volume de la ration et adaptez-la si elle ne l’est pas : Augmenter la quantité d’aliment est indispensable si le chien est en croissance : il a besoin de carburant pour grandir et apprendre… Il ne faut pas le restreindre à cette période. Complétez une ration ménagère inadaptée en passant à un aliment industriel plus équilibré ou en apportant des compléments alimentaires adaptés (demandez conseil à votre vétérinaire)
  • Vermifugez votre chien si cela n’a pas été fait
  • Si son état physique est bon, vérifiez également son état « mental » : heureusement rare, la dépression aigüe (dont l’un des principaux symptômes est l’anorexie) peut s’installer lors de la perte d’un congénère ou du propriétaire …et votre chien peut être très ponctuellement anorexique quand on le change d’endroit (pour des vacances dans une pension par exemple).
  • Ne vous faites pas manipuler : aucun chien en bonne santé ne se laisse jamais mourir de faim devant une gamelle pleine… du moment qu’il boit, un chien peut tenir plusieurs jours sans manger… et s’il ne mange pas, c’est peut-être tout simplement qu’il n’a pas faim !

Dr Muriel Alnot, vétérinaire et rédactrice

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