Le pyomètre chez la chienne

Dr Alnot 03 juin 2019 6569 0 Laisser un commentaire
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Le pyomètre chez la chienne

Le pyomètre est une maladie bien connue des propriétaires de chien (femelle) et des vétérinaires. Elle est à prendre très au sérieux, et souvent la chienne est opérée en urgence car le pyomètre peut conduire à la mort l’animal. Aujourd’hui, la prévention de cette affection est bien connue et des alternatives à la chirurgie existent !

Qu’est-ce qu’un pyomètre chez la chienne ?

Un pyomètre, de pyo = pus et metra = utérus, est une accumulation de pus dans l’utérus, la partie de l’appareil génital femelle qui abrite les fœtus lors de la gestation. Cette infection se produit chez la chienne non stérilisée, généralement quatre semaines à quatre mois après les chaleurs, à une période nommée metoestrus, c’est-à-dire à la période correspondant à la gestation ou à une pseudogestation (en absence de saillie fécondante).

Comment suspecter un pyomètre chez une chienne?

On observe des écoulements vulvaires, sauf si le pyomètre est « fermé ». La chienne est apathique (fatiguée et sans entrain), mange moins, boit davantage et par conséquent urine plus (polyuro-polydipsie)

On peut également observer des épisodes de diarrhée, et des vomissements…

Quel en est la cause ?

Elle est principalement d’origine hormonale : L’imprégnation de progestérone pendant cette phase de metoestrus entraîne la sécrétion et l’accumulation de mucus dans la cavité de l’utérus, favorisant la prolifération d’agents infectieux comme les bactéries.

Habituellement, hors oestrus (période de l’ovulation), lorsque le col est fermé, l’utérus est protégé des infections dites « ascendantes ». En outre, la contraction des muscles de l’utérus et le renouvellement des cellules de la paroi utérine produisent une protection efficace associée à celle des défenses immunitaires.

Malheureusement, l’efficacité de ces défenses dépend de l’imprégnation hormonale. Elles sont peu efficaces lors du metoestrus, laissant en quelque sorte la porte ouverte aux infections bactériennes créant le pyomètre.

Les progestatifs ou pilules pour chien ont un effet identique : elles favorisent la production d’un liquide très favorable aux infections bactérienne et à l’apparition d’un pyomètre.

Le pyomètre chez la chienneQuels sont les individus à risque ?

Il concerne les chiennes âgées de plus de cinq ans et fréquemment après l’âge de huit ans, qu’elles aient été saillies ou pas.

Certaines races semblent prédisposées comme le Rottweiler, le Golden retriever, le Cavalier King Charles, et l’Airedale Terrier.

Les chiennes qui prennent la pilule (progestatifs) et notamment celles qui contiennent de la Proligestrone, de l’Acétate de Mégestrol, de l’Acétate de Médroxyprogestérone et de l’Acétate de Delmadinone sont également susceptibles de souffrir de pyomètre.

Comment traiter un pyomètre chez la chienne?

Le pyomètre est une urgence vétérinaire, il faut donc consulter sans attendre. Car en effet, il est mortel s’il n’est pas soigné à temps.

Le traitement est très majoritairement chirurgical : le vétérinaire pratique une ovario-hystérectomie, c’est-à-dire qu’il retire les deux ovaires et l’utérus.

Une alternative médicale existe chez les chiennes dont l’état est très sérieux, et que l’anesthésie générale pourrait aggraver ou chez les chiennes d’élevage dont l’on veut garder le potentiel reproducteur. En effet, un traitement médical (une combinaison d’anti-progestatifs et de prostaglandines) peut provoquer la « vidange » du contenu utérin mais cette solution doit être associée à un traitement antibiotique et ne permet pas d’éviter les récidives, malheureusement très fréquentes.

La prévention par la stérilisation reste la meilleure option.

La stérilisation des chiennes qui ne font pas partie d’un élevage est une solution de bientraitance médicale et comportementale :

  • Elle évite l’apparition des affections telles que le pyomètre et également des tumeurs mammaires ;
  • Mais elle évite aussi que l’on néglige les besoins sexuels d’une chienne non stérilisée, sachant la mise-bas d’une portée n’a montré aucune augmentation du bien être chez la chienne, a fortiori sachant que l’on retire rapidement ses chiots à cette nouvelle maman…

Dr Alnot, vétérinaire et rédactrice

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