Le coup de chaleur chez le cheval

Dr Lhérété 03 août 2018 29661 0 Laisser un commentaire
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Le coup de chaleur chez le cheval

En ces temps de canicule, c’est un risque important, et une urgence vitale qu’il faut diagnostiquer et traiter rapidement.

Mécanismes de régulation de la température

Les chevaux maintiennent leur température interne constante entre 37° et 38° grâce à deux mécanismes principaux :

  • La transpiration qui permet d’évacuer de l’eau dont l’évaporation consomme de la chaleur et rafraîchit le cheval. La sueur est composée d’eau et de minéraux encore nommés électrolytes (Sodium/sel en grande quantité, chlore, magnésium, potassium, …). Cette évaporation est efficace lorsque l’air est sec.
  • La vasodilatation périphérique : les petits vaisseaux sanguins se dilatent aux extrémités et sous la peau, permettant ainsi d’accroître les échanges avec le milieu extérieur pour faire baisser la température du sang circulant.

Photo iStock© : Cheval en sueur avec écume blanche

Le coup de chaleur, qu'est-ce que c'est ?

Il se produit lorsque ces mécanismes sont débordés et ne suffisent plus à réguler la température.

Ceci se produit quand 3 facteurs principaux sont réunis :

  • La température extérieure est très élevée
  • L’air est humide (l’évaporation de la sueur est alors nettement diminuée)
  • La ventilation est insuffisante (absence de vent, cheval au box, transport…)

Le coup de chaleur ne se produit pas obligatoirement lors de l’exercice, même si celui-ci peut être un déclencheur, mais il arrive également chez des chevaux au box ou lors de transports.

Lorsque la température dépasse les 41°, la vasodilatation excessive qui en découle mène à un afflux sanguin sous la peau et aux extrémités, au détriment des organes vitaux (cœur, cerveau, reins…) qui eux, manquent alors d’irrigation.

Les symptômes du coup de chaleur

  • La température rectale augmente, à partir de 40° on considère que le cheval est en danger.
  • La fréquence respiratoire augmente et persiste à un rythme élevé même au repos (normalement 20 à 30 respirations par minute).
  • Fréquence cardiaque élevée (normalement 20 à 40 battements par minutes).
  • Attitude anormale : Le cheval est fatigué, prostré, tête basse, ne répondant que très peu aux stimuli, il se déplace difficilement.
  • Transpiration : Il peut être ruisselant de sueur, ou au contraire ne pas transpirer du tout.
  • TRC : On mesure le temps de remplissage capillaire en exerçant une pression sur les gencives puis en comptant les secondes lorsque cette pression est relâchée. Normalement la gencive reprend sa couleur rose en 1 seconde. Si ce temps augmente cela indique un dysfonctionnement circulatoire.
  • Pli de peau : On pince un pli de peau, en général au niveau de l’épaule, puis l’on mesure le temps du retour à la normale. Si celui-ci est supérieur à 3 secondes, le cheval est déshydraté. Cette déshydratation est souvent liée aux pertes d’eau par la sudation. Par temps normal un cheval boit en moyenne 30 l d’eau par jour, mais souvent 3 fois plus par temps chaud.
  • Couleur des muqueuses : L’observation de la muqueuse oculaire montre une rougeur anormale, signe d’un désordre circulatoire.

Si aucun traitement n’est réalisé, le pronostic vital peut être en jeu : la fréquence cardiaque augmente, l’appareil circulatoire ne peut plus remplir son rôle, le cheval dont les organes vitaux ne sont plus suffisamment irrigués titube et s’écroule.

Traitement et conduite à tenir

  • Cesser immédiatement tout exercice, mettre le cheval à l’ombre, le desseller. Si possible le ventiler au maximum (ventilateurs).
  • Le rafraîchir pour faire baisser la température : eau fraîche par tous les moyens possible (mais pas de glace pour ne pas provoquer de choc), surtout sur la nuque qui abrite les centres neurologiques de la régulation de la température, ainsi que l’encolure, le poitrail, les flancs, la croupe, le dos, …
  • Lui proposer et le solliciter pour qu’il boive, une eau fraîche mais non glacée.
  • Surveiller la baisse de la température, parfois rapide.
S’il ne récupère pas rapidement, il est impératif d’appeler le vétérinaire pour qu’il mette le cheval sous perfusion et lui administre des réhydratants.

© Photo Haras Nationaux : Cavalier rafraîchissant la nuque de son cheval lors d’une épreuve d’endurance

Prévention

Ce sont avant tout des mesures de bon sens :

  • ne pas attacher un cheval en plein soleil,
  • préférer les chemins ombragés,
  • éviter les efforts intenses en milieu de journée lors de fortes chaleurs,
  • adapter le cheval progressivement à la chaleur s’il doit effectuer une compétition lors de laquelle la température extérieure sera élevée,
  • éviter les transports la journée,
  • tondre si les poils sont longs,
  • le doucher souvent, etc…

Pour lutter contre les pertes en minéraux lors d’une transpiration intense, on peut apporter une supplémentation en électrolytes, auxquels il faudra habituer le cheval pour qu’il accepte le changement de goût de l’eau dans laquelle ils seront distribués.

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Dr Lhérété, vétérinaire et rédactrice

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