Comment choisir un chaton qui semble sain dans une portée atteinte par la Péritonite infectieuse féline ?

  • Comment choisir un chaton qui semble sain dans une portée atteinte par la Péritonite infectieuse féline ?

Même si elle n’est pas fréquente, la péritonite infectieuse féline, ou PIF, est une maladie très contagieuse qui fait peur car elle ne se guérit pas, c’est-à-dire qu’elle est mortelle dans quasiment 100% des cas. Cependant certains animaux n’ont pas de signe de maladie et sont quand même porteurs du virus potentiellement responsable, un coronavirus félin. Comment se transmet cette maladie ? Comment faire si vous envisagez d’adopter un chaton dans une portée dont certains sont atteints ?

Qu’est-ce que la péritonite infectieuse féline ?​

La péritonite infectieuse féline est une maladie virale (coronavirus félin) qui se présente sous deux formes (humide ou sèche) et qui touche surtout de jeunes chats de moins de 2 ans ou des animaux beaucoup plus vieux (plus de 10 ans).

Quel est l’agent de la péritonite infectieuse féline ?

Il s’agit d’un alphacoronavirus félin pathogène, c’est-à-dire une forme de coronavirus félin entérique (présent dans le système intestinal) et bénin qui aurait muté, sans que les infectiologues aient d’explication sur la raison de cette mutation à ce jour, qui est d’ailleurs actuellement controversée.

Depuis les années 80, l’on sait que le coronavirus félin existe en effet sous deux formes ou biotypes en fonction des leurs différences antigéniques et génétiques (liées à la protéine S) : le coronavirus entérique ou FEVC provoquant une banale diarrhée, et le virus de la péritonite infectieuse féline ou FIPV (également un coronavirus). Depuis peu, la classification de ces deux virus et de leurs différents sérotypes est très discutée (notamment en raison des différences dans les conséquences biologiques et cliniques des nombreux sérotypes) car ils ne provoquent pas les mêmes symptômes, et les dernières études (Jaimes 2020) laissent penser qu’il s’agit de deux virus bien différents. Cette distinction et une compréhension meilleure de ces deux virus pourront peut-être permettre d’améliorer la réponse à certains de traitements médicamenteux pour l’instant peu efficaces sur la maladie.

Quels sont les signes de la péritonite infectieuse féline ?​​

Après quelques signes peu spécifiques au départ, léthargie (fatigue), anorexie (perte d’appétit), perte de poids et fièvre (plus de 40°C), la maladie peut évoluer soit en :

  • Forme humide (30% des cas) : Les cellules du système immunitaire réagissent au contact du virus en déclenchant une vascularite (lésions des vaisseaux sanguins) ; et par conséquent une importante production d’un liquide jaune dit d’épanchement (due à la perte d’étanchéité des vaisseaux) qui va remplir l’abdomen (ascite) dans environ 60% des cas, ou le thorax de votre chat (pleurésie et épanchement péricardique) dans 16% des cas, ou même les deux à la fois dans 20% des cas.

Les signes associés seront donc des difficultés respiratoires et cardiaques lors de l’envahissement du thorax ou des difficultés digestives si le liquide remplit l’abdomen, voire les deux.

  • Forme sèche : elle se traduit surtout par une inflammation importante d’un ou de plusieurs organes (cerveau, yeux, intestin, foie, reins, peau…) en raison de la production de petits « granulomes » (nodules) sur ces organes, entrainant des signes très variables en fonction de l’endroit touché : convulsions, hydrocéphalie (accumulation de liquide céphalorachidien dans le cerveau), ictère, adénomégalie mésentérique (inflammation des ganglions au niveau de l’intestin), hémorragie et décollement de la rétine, nystagmus (mouvements saccadés des yeux)…

Dans les deux cas, malheureusement l’issue est mortelle à plus ou moins court terme.

Comment diagnostiquer la péritonite infectieuse féline chez votre chat ?​​

Le diagnostic de certitude n’est établi qu’après la mort de l’animal avec une nécropsie (le terme autopsie est généralement réservé à l’être humain).

En effet, il existe des tests pour détecter le coronavirus félin (analyse PCR sur un prélèvement rectal ou sérologie) mais ceux-ci ne permettent pas actuellement de faire la différence entre les différents coronavirus félins donc de diagnostiquer une PIF :

  • Si le test au coronavirus est positif, sans les signes de la maladie, on ne sait pas si votre chat est porteur d’un coronavirus entérique « banal » ou d’un coronavirus responsable de la PIF ;
  • Si le test au coronavirus est positif, avec une sérologie avec un titrage d’anticorps très élevé, et que votre chat est fortement malade, avec une ascite (épanchement abdominal) par exemple, il est probablement atteint de PIF ;
  • En revanche si le test est négatif et que votre chat est malade, il est probablement malade d’autre chose que de la PIF.

Comment votre chat attrape-t-il la péritonite infectieuse féline ?

Illustration chat

Les chats se contaminent principalement par voie orale ou nasale lors d’un contact avec des matières fécales infectées. Les litières contaminées sont donc la première cause de contamination.

Le coronavirus dit « entérique » a surtout une action au niveau des intestins. Il cause des diarrhées particulièrement chez les chatons, et surtout lorsqu’ils vivent en refuge, en chatterie ou en élevage, c’est-à-dire en collectivité : Le risque de contamination augmente proportionnellement avec le nombre de chats vivant au même endroit.

En effet le virus résiste assez longtemps, c’est-à-dire plusieurs semaines, dans l’environnement (sol, murs, matériels, couchages, vêtements…) s’il est sec. Plus il y a de chats, plus la contamination potentielle est grande. En revanche le coronavirus félin résiste très mal aux désinfectants et aux nettoyants classiques.

Lors de PIF, on retrouve également le virus dans la salive, les sécrétions respiratoires et les urines. Les chats peuvent donc aussi se contaminer quand ils se toilettent entre eux ou lorsqu’ils partagent des gamelles, mais également lorsque l’on emploie les mêmes brosses ou matériel de soin pour eux. Le risque est donc important dans les élevages et les chatteries. La maladie apparait généralement dans les 6 mois à 1 an et demi après une contamination avec le coronavirus ; 3 ans après une contamination, le risque est faible (4% seulement des chats développent la maladie). Si le chat est porteur, la maladie peut également apparaître à l’occasion d’un événement particulièrement traumatisant (abandon, chirurgie, conflit avec un autre animal…).

Petite remarque, le Coronavirus du chat n’est pas le même coronavirus que celui de la Covid-19, il atteint spécifiquement le chat et pas l’être humain !!! 

Comment protéger votre chat de la péritonite infectieuse féline ?

Il n’existe aucun traitement pour les chats malades de la PIF. Certains chats peuvent vivre quelques temps, sans dégradation trop importante, mais il finira par en mourir. Les corticoïdes ou autres immunosuppresseurs (interféron félin) ne ralentissent pas ou pas longtemps la maladie.

Il existe un vaccin contre la péritonite infectieuse féline, mais son efficacité reste discutée et il n’est pas disponible en France. C’est un vaccin intranasal commercialisé aux Etats-Unis et dans certains pays de l’Europe.

Le vaccin ne guérit pas les animaux déjà été infectés par le coronavirus félin, mais il peut protéger les chatons séronégatifs avant leur introduction dans un environnement à risque ou après qu’ils ont été séparés de la fratrie s’ils ne sont pas porteurs du virus (sérologie négative).

Il est aussi possible d’aider les chats à éviter la maladie avec des produits permettant de renforcer leur système immunitaire comme le Munisan ou Miloa Immune supp

Quels risques prend-on lorsque l’on veut adopter un chat dans une portée où certains sont atteints de la PIF ?

Si le chaton est testé négatif, avec un test PCR et une sérologie négative, il n’est donc ni porteur ni susceptible d’être malade. Vous pouvez le sortir immédiatement de l’élevage ou du refuge pour qu’il ne s’infecte pas et refaire le test 2 à 3 semaines après. Certains chats restent heureusement séronégatifs et non malades même si tout le reste de la portée est atteint.

Si le chaton est positif au test PCR sur les selles pour le coronavirus félin, il n’est pas forcément « positif pour la PIF ». Beaucoup de chats positifs sont des chats atteints ou qui ont été atteints par un coronavirus entérique sans grand danger, la plupart de ces chats ne seront jamais malades de la PIF, car les chats atteints de PIF n’ont pas d’excrétion de virus dans les selles.

Si le chaton est très positif sur une sérologie (titrage d’anticorps élevé) il risque de développer une PIF à plus de 90%.

Souvenez-vous toutefois que les tests ne sont pas capables de faire la différence entre les deux types de coronavirus félin. C’est l’endroit où le virus provoque des troubles, en un mot les signes de la maladie qui vont être révélateurs et compléter la suspicion amenée par un test positif.

Si la mère était porteuse, il est possible qu’elle transmette le virus au chaton mais cette transmission n’est pas démontrée.

Le saviez-vous ? La péritonite infectieuse féline est un vice rédhibitoire, avec un délai de déclaration du diagnostic (délai de rédhibition) de 30 jours et un délai de suspicion (date qui court depuis l’adoption du chat pour faire le diagnostic) de 21 jours.​

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