C’est le moment de lutter contre le frelon asiatique

Dr Fage 28 février 2019 565 0 Laisser un commentaire
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C’est le moment de lutter contre le frelon asiatique

Le frelon asiatique Vespa velutina est arrivé en France dans la région de Bordeaux en 2004. Il s’est multiplié et disséminé si vite qu’il a maintenant envahi toute la France et dépassé nos frontières… !

Non seulement c’est un très gros prédateur des abeilles et responsable de l’affaiblissement voire de la mort d’un très grand nombre de ruches, il devient maintenant un danger potentiel pour l’humain car il peut attaquer massivement si on s’approche à 5-6 m du nid !!

Qui est-il ?

Le frelon asiatique est un Hyménoptère au même titre que les abeilles, les bourdons, les guêpes et nos frelons communs : les frelons crabot.

Il se nourrit de nectar pour le sucre et l’énergie et d’autres hyménoptères pour les protéines. Il a un faible pour les abeilles qu’il attrape au sortir de la ruche (c’est plus facile), découpe la tête et emporte dans son nid pour en nourrir ses larves.

Non seulement il décime les abeilles (un nid de frelon consomme jusqu’à 30 000 abeilles), mais il stresse la ruche. Les butineuses ne sortent plus chercher la nourriture et la reine ne pond plus, ce qui contribue à affaiblir encore la ruche qui n’en avait pas besoin !!

Comment le reconnaître ?

Il est plus gros qu’une abeille (3x environ), noir sans poils (à la différence des bourdons) avec le bout de l’abdomen orangé.

Sa biologie en quelques mots

Au printemps (de maintenant à avril), les femelles fondatrices fécondées à l’automne sortent de leur cachette où elles ont passé l’hiver et commencent à préparer un premier nid, dit Nid Primaire, assez près du sol.

Ce nid mesure entre 10 et 20 cm de diamètre. On en trouve dans tous les endroits un peu abrités (bouches d’égouts, abris, haies, garages, sous pentes etc...).


Elle va y élever des ouvrières pour démarrer sa colonie. Ensuite, la colonie va déménager et fabriquer le Nid Secondaire ou Principal plutôt dans un arbre un peu plus en hauteur. Ce nid peut devenir très gros ( 80 cm de haut ) et a une ouverture sur le coté. Il peut contenir jusqu’à 3 500 ouvrières !


En fin d’été et jusqu’en automne, les ouvrières élèvent mâles et femelles futures fondatrices. C’est à ce moment qu’elles ont le plus besoin de protéines et où la pression sur les ruches est la plus forte.

Puis, vient la fécondation et la mort progressive des ouvrières et des mâles vers novembre. Les fondatrices passent l’hiver cachées dans un trou à l’abri, certaines même restent dans le nid. Attention , un nid peut fournir 500 fondatrices !

Le frelon asiatique est déclaré Danger sanitaire de niveau 2 et espèce exotique envahissante mais il progresse à une terrible vitesse malgré tout, devient de plus en plus opportuniste. On trouve des nids dans les jardins, les haies, les jardins publics, parfois près d’une école.

Le frelon seul attaque peu l’humain, le danger d’une attaque massive et souvent mortelle vient lorsqu’on s’approche trop près d’un nid sans le savoir ( 5-6 mètres).

C’est pourquoi, pour notre sécurité comme pour la survie de nos abeilles, nous vous proposons de lutter contre la dissémination du frelon Asiatique.

Comment lutter ?

En signalant tout nid à la mairie et en le faisant détruire par un désinsectiseur agrée et conventionné (les mairies ont l’obligation de prendre en charge la destruction sur le domaine public et certaines prennent en charge sur le domaine privé ). Surtout ne pas essayer de détruire le nid tout seul, c’est dangereux !

Participer à la localisation en signalant les nids à l’INPN.

En posant des pièges au mois de mars pour piéger les fondatrices ?

C’est une position controversée car il n’est pas prouvé qu’elle permette de diminuer le nombre de nids car beaucoup de fondatrices meurent (bagarres, froid ...).

La crainte est de piéger d’autres insectes en même temps car les pièges ne sont pas encore sélectifs et donc de nuire à la biodiversité. Cependant il semblerait que, en mars, on ne capture que des fondatrices, les autres insectes n’étant pas encore sortis.

En résumé, pour votre sécurité comme celle de nos abeilles, ouvrez l’œil dès le printemps, signalez et faites détruire les nids !

Dr Fage, vétérinaire et rédactrice

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